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99 notes préparatoires à une rencontre extraordinaire

Spectaculaire, Paris, 2011

Spectaculaire, Paris, 2011

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1.    Les 99 notes préparatoires à une rencontre extraordinaire ont plusieurs origines. La plus évidente est la rencontre extraordinaire déjà survenue, son choc, perpétuel et rassurant. La deuxième excuse est un voyage dans des conditions similaires, non pas à Venise, mais à Rome, ces jours-ci. Si proche du Vatican, l’espoir d’un second miracle est légitime. Selon la formule, si Dieu est avec nous, qui sera contre ? La troisième raison provient de la question lancinante : que faire la prochaine fois ? et la crainte qu’à l’identiques, coites, les choses se reproduiraient. Paradoxalement, pour se remettre de la surprise, le meilleur moyen semble de s’y préparer.
2.    Une truffe dans un sous-bois de chênes, à l’automne, est une chance de cochon, mais pas une rencontre extraordinaire.
3.    Premier ingrédient de la rencontre, une condition majeure, sa rareté, croiser le chemin de quelqu’un d’impossiblement accessible.
4.    La rencontre extraordinaire réussie doit être sobre, absolument fortuite, surprenante mais espérée, ressentie comme l’irréel réalisé. En un mot, posséder l’élégance d’un coup de baguette magique.
5.    Une rencontre extraordinaire peut être une mauvaise rencontre. Qu’elle sorte de l’ordinaire et soit improbable suffit.
6.    Peste, se voir prédire que l’on tuera son père, croiser un importun de grand chemin, le tuer, découvrir que c’est son père justement, et que la veuve délicieuse que l’on a épousé est sa mère, voilà un destin malheureux, fait de mauvaises rencontres extraordinaires où le héros est resté et devient aveugle. Toute une science.
7.    Quelle est la probabilité de rencontrer quelqu’un d’omniprésent mais qui, aux dires de certains, n’existe pas ? Le Père-Noël, Dieu, Superman, Harry Potter, le Diable.
8.    La probabilité est-elle plus grande de gagner au loto que de faire une rencontre  extraordinaire ? Lequel de ces choix, si l’alternative se présentait, serait une plus grande chance ?
9.    Un crâne, une bougie, un sablier renversé, un fruit flétri. La rencontre extraordinaire est une Vanité.
10.    Quand la rencontre extraordinaire s’est déjà produite, qu’espérer de plus ?
11.    Quelle chance ai-je de faire deux fois la même rencontre ?

Où chercher ? Paris, 2011

Où chercher ? Paris, 2011

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12.    Probabilité n.f. 1. Caractère de ce qui est probable ; opinion, événement probable ; vraisemblance. 2. Math. a. Rapport du nombre des cas favorables à la réalisation d’un événement aléatoire au nombre total des cas possibles. Calculs des probabilités. b. Nombre, compris entre zéro et un, associé à un événement aléatoire par une loi de probabilité. ◊ Loi de probabilité ou probabilité : application associant à chaque partie d’un ensemble A, appelé univers des possibles, un nombre positif de manière que la probabilité A soit 1 et que la probabilité de la réunion des deux parties disjointes soit égale à la somme de leurs probabilités respectives. Le Petit Larousse Illustré, édition 1997.
13.    Même sans formation en mathématiques, il semble logique de penser que la probabilité de croiser quelqu’un est liée à quelques paramètres. Le tout étant de les trouver et de définir à quel point chacun d’eux influence le résultat.
14.    Selon Wikipédia, la surface du globe est de 510 millions de km2. Celle des terres émergées est de 149 millions de km2. Sur combien de km2 est-il possible de se déplacer ? Sur combien de km2 peut-on se trouver : des collines verdoyantes aux gratte-ciels à mille étages, des embarcations qui flottent aux nefs qui volent, de la Grande Muraille de Chine à la chapelle Sixtine ?
15.    La surface de la lune est de 37,93 millions de km2, soit 13 fois plus petite que la terre. A-t-on plus de chance faire une rencontre sur la lune ?
16.    Depuis avant-hier, nous sommes sept milliards d’êtres humains.
17.    Au regard de la chance d’une rencontre extraordinaire, tous les êtres humains sont-ils égaux ?
18.    C’est certainement chez elle que l’on a le plus de chance de trouver une personne. Mais cela n’a pas la saveur dramatique du destin qui fait se croiser les chemins, et parait assez embarrassant à réaliser, si c’est seulement possible. Éliminons également, les signatures à l’occasion de la publication d’un des sept volumes ou au lancement d’un des huit films. Trop perturbant.
19.    La probabilité d’une rencontre est liée au lieu où l’on se trouve. Est-elle plus élevée en restant sur place ? Vivre dans la plus belle ville du monde apporte sûrement quelque avantage de ce point de vue. Vaut-il mieux se rendre dans la ville de la personne recherchée ? Que penser des chances d’une rencontre dans un troisième endroit : un lieu de tourisme, citons Venise ou Rome en novembre ?
20.    Les chances sont-elles en rapport avec l’âge, sa différence, entre les deux protagonistes ? Sont-elles en rapport avec l’âge, du point de vue de l’autonomie ? Un enfant ne comptant pas puisqu’en général, il ne se déplace pas sans un adulte ? De même pour les populations en prison, les otages, les geôliers ? Celles clouées à l’hôpital, ou trop âgées pour bouger de chez elles ? Que penser des populations contraintes à ne pas sortir de leur pays ? Un Cubain (à qui l’on pourrait rendre visite…), un Nord-Coréen ? Ainsi, la chance est-elle dissymétrique ?
21.    La probabilité de croiser quelqu’un est-elle liée à son pouvoir d’achat ? Pour autant les plus riches ne semblent pas les plus simples à croiser (à moins de l’être soi-même). On peut les imaginer vivre en un entre soi excluant. Est-elle liée au niveau d’éducation ? Il parait évident que si l’on considère deux personnes désignées parfaitement au hasard ou si l’on considère deux personnes aux profils « homogènes », géographie, âge, capacité et envie de se déplacer, les chances semblent plus élevées.
22.    Combien de fois faut-il jouer pour gagner ? Ainsi plus l’on croise de gens, plus on joue à rencontrer la personne espérée.

Rencontre avec Dieu, Vatican, 2011

Rencontre avec Dieu, Vatican, 2011

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23.    Toutes les églises de Rome glorifient le sacrifice du fils de Dieu et exprime la paix dans la rencontre avec le Seigneur, le réconfort qu’Il apporte, Sa présence constante et bienveillante au côté de chacun. À Rome, tous les chemins mènent au ciel.
24.    La vision béatifique est la vue que les élus ont de Dieu dans le ciel. Lexis
25.    « Sanctorum mater. Mère des Saints, l’Église a toujours conservé leur mémoire en proposant aux fidèles des exemples de sainteté dans la sequela Christi. Au cours des siècles, les Pontifes Romains ont eu le souci d’établir des normes adéquates pour discerner la vérité en une matière aussi importante pour l’Église. » Congregatio de causis sanctorum lu sur le site officiel du Vatican. Ainsi l’Église veille à mener des enquêtes diocésaines ou éparchiales regardant les causes de béatification ou de canonisation.
26.    De ces « normes adéquates » pour la Cause des Saints, il semble pouvoir être conclu qu’il faille être reconnu « vénérable », puis atteindre au rang de « bienheureux », ce qui permet un culte plus étendu, avant la longue procédure en canonisation, légitimant un culte universel.
27.    La sanctification donne lieu à un procès. Parmi les conditions requises, la personne doit être décédée, avoir mené une vie chrétienne exemplaire et accompli au moins deux miracles.
28.    L’avocat du diable est la personne qui tente de prouver que le bienheureux n’est pas digne d’être canonisé.
29.    Les bienheureux et les saints participent à la Vie éternelle. Combien recense-t-on de bienheureux et de saints ?
30.    Quant à voir la Vierge, cela parait une expérience… hallucinante. Mais ces apparitions « visibles d’un être invisible délivrant un message pour l’ensemble de la communauté, le plus souvent un appel à la conversion, à la pénitence et à la prière, et réactualisant la bonne nouvelle de l’Évangile », « ces sentiments de la présence » dont parlent les théologiens, donc, sont répertoriés, dans des dictionnaires des apparitions de la Vierge. Bien sur, toute apparition n’est considérée authentique qu’une foi(s) reconnue par le Saint Siège.
31.    « Rien, au début, ne ressemble plus à une vraie apparition qu’une fausse apparition, rien en ressemble plus à une manifestation divine qu’une manifestation diabolique. » Pierre Molaine.
32.    La Vierge apparait toujours jeune, plus jeune souvent que sont fils, en particulier dans les Descentes de Croix, car elle est sans péché.
33.    « Help will always be given at Hogwarts to those who seek it. » Hogwarts n’est-il pas un endroit miraculeux ?

Chemin étroit, Paris, 2011

Chemin étroit, Paris, 2011

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34.    Le sentiment d’avoir de la chance est difficilement objectivable. Pourtant, cette perception optimisme semble porter chance.
35.    Lors de sa première année à Hogwarts, au cours d’une de ces déambulations nocturnes qui rend sa vie aventureuse, Harry se retrouve face au miroir d’Erised. Celui qui y regarde voit se réaliser son désir le plus cher. Il est le seul spectateur possible du reflet de ses rêves. L’auteur précise que quelqu’un d’heureux n’y verrait que son image, et que cette contemplation assoiffée peut faire dangereusement sombrer. N’est-ce-pas lâcher la vie pour l’ombre ? Le lecteur attentif saisit bien entendu la délicate subtilité du mot « erised » qui, lu comme dans un miroir (en fait, à l’envers), donne « désire ».
36.    Apprend-on à avoir de la chance ? Car s’il n’existe pas de justice immanente nous rendant égaux au regard de la chance, on devine que certains choix sont plus bénéfiques que certains autres ! Travailler à sa chance, suivant d’où l’on part et où l’on souhaite arriver, demande d’emprunter un chemin plus ou moins direct, plus ou moins pentu, et c’est parfois l’escalade la face nord par gros temps.
37.    Les éléments d’une vie chanceuse s’imbriquent si bien qu’ils conduisent à un sentiment de satisfaction, de plénitude, de bonheur. Le tout étant très relatif.
38.    Avoir de la chance est-il lié au sentiment que les choses pourraient mal tourner mais qu’elles se passent parfaitement bien, en fait, au de-là de ses attentes ?
39.    Il semble que notre désir étant infini et sa réalisation très finie, avoir de la chance consiste-t-il à avoir du bonus ?
40.    Quelle stratégie avoir et comment comptabiliser l’ingérable chance ? Faut-il multiplier ses rêves dans l’idée que l’un d’eux finira bien par se réaliser (une sorte de chance du désespéré) ? Faut-il miser sur des rêves simples ? Faut-il hiérarchiser la difficulté de réalisation de ses (nombreux) rêves et étalonner sa chance à l’aune de ceux qui se réalisent, en rapport bien sur avec la probabilité qu’ils se réalisent ? Alors, plus la probabilité est faible, plus la personne est chanceuse, plus elle devrait être heureuse ?
41.    Il semble pourtant falloir pondérer la probabilité de réalisation faible d’un rêve extraordinaire, donc payé d’un score haut, par l’idée que certaines choses, bien que simples en apparence, sont nécessaires à tout sentiment de chance plus complexe, par exemple : avoir la santé ! On pourrait donc inventer une notion de « chance première », choses simples mais absolument nécessaires (à définir selon chacun), puis de « chance complexe », choses moins nécessaires mais au score plus élevé du fait de leur plus grande rareté.
42.    La chance c’est l’exception. Le soleil devrait-il briller pour tout le monde ? Le sentiment de la chance est-il d’autant plus élevé que les autres n’en auraient pas? Ou le spectacle de la moindre chance d’autrui gêne-t-il la satisfaction d’en avoir soi ? Quel est le rapport entre le sentiment de la chance et celui de la culpabilité ?
43.    Les personnes superstitieuses ont-elles plus de chance que les autres ? La probabilité de gagner au loto en France est de 1 contre 13 983 816, faut-il donc être 13 983 816 fois plus superstitieux que les autres pour gagner ?
44.    Dans sa troisième année à Hogwarts, le ministère de la magie confie à la plus studieuse des élèves un Time-Turner, gadget incroyable qui permet de remonter le temps. N’est-ce pas la solution miracle à la plupart des problèmes : disposer de tout le temps dont on a besoin et connaître l’avenir !

Madame est-elle quelqu'un ? Paris, 2011

Madame est-elle quelqu’un ? Paris, 2011

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45.    Reconnaître la personne est une des conditions de la rencontre même, évidemment.
46.    S’assurer d’abord que la personne est bien vivante. Elvis Presley, par exemple, est mort le 16 août 1977.
47.    S’assurer ensuite que la personne est bien morte. Tyran Simon, dans l’exposition fantastique actuellement à la Tate Modern A living man declared dead and other chapters, nous raconte comment, se rendant aux services administratifs locaux, Shivdutt Yadav s’est rendu compte que lui, ses deux frères et leur cousin, tous bien portant, étaient déclarés morts. Ses terres n’étaient plus à son nom, mais au nom de celui qui en a « hérité ». Corrompre l’employé chargé de mettre à jour les registres officiels pour que ceux-ci soient à la convenance de « l’héritier » est parait-il monnaie courante en Inde (de 1 à 50 USD). Prouver son existence ensuite est difficile et souvent si long que les gens meurent avant d’avoir été reconnus vivants. Combien de morts vivants ne sont pas recensés dans les registres indiens ?
48.    Par sécurité, il est bon de vérifier que la personne que l’on cherche n’a pas de jumeau.
49.    Il faut vérifier également que la personne n’a pas (embauchée) de sosie. Car déjouer le sosie en vérifiant que la dentition d’une personne est en accord avec son dossier médical exige presque les compétences et la puissance d’une nation en guerre contre un dictateur.
50.    La photographe Tyran Simon, toujours, fait le portrait du sosie du fils de Saddam Hussein. Latif Yahia déclare avoir été « forcé » à quelques opérations pour mieux ressembler à Uday Hussein, son illustre ex-camarade de classe. Une des conditions d’effectivité du travail était d’apprendre les déclarations et réactions à avoir en public. Le tout étant d’être crédible, et ultimement, bien se faire tuer « à la place de ». Le grand homme sauvé aurait-il alors vécu la vie de son sosie mort ?
51.    Dans Les poisons de la couronne de Maurice Druon, le sosie du roi nouveau-né est discrètement assassiné par empoissonnement lors de sa présentation devant la cour, mais les ingénieux, lâches, n’osent déclarer la supercherie qui a sauvé le roi et tuer le bébé d’une nourrice. Celui-ci est passé pour le roi, il est enterré à sa place et, ignorant son état, le roi mènera l’existence d’un petit noble crotté puis d’un banquier lombard.
52.    Dans Gattaca d’Andrew Niccol, société eugéniste où un homme que ses gènes disqualifient et condamnent à la médiocrité vit dangereusement l’existence palpitante d’un homme designer pour l’excellence, mais pathétiquement réduit à ne plus vivre que par procuration. En devenant sosie d’ADN, contre toutes probabilités, malgré l’adversité, choisissant son destin, le déclassé réalise son rêve : s’envoler dans l’espace…
53.    Le nègre est peu le sosie transparent de l’écrivain sans talent, son ombre, réduite au silence par contrat.
54.    Comment photographier une rencontre extraordinaire (quand elle n’est pas planifiée, comme le sont celles entre chefs d’Etats) ?
55.    Il y a des années de cela, au temps où les téléphones portables commençaient tout juste à « faire de la photo », j’avais testé le mien, et décidé de faire le portrait de l’ami avec qui je prenais un café au comptoir. Je l’enjoins à ne pas bouger et prendre l’air inspiré, je déclenche, ce qui m’a paru dix minutes plus tard l’appareil prend effectivement la « photo » et à l’observation du résultat, très pixellisé, je m’agace de voir qu’a eu le temps d’apparaitre dans le coin de l’image, venue commander au comptoir son café, une certaine… Jane Birkin ! Il s’avère qu’elle vit dans la rue et fréquente ce café. Étonnant comme il m’a fallu la seule photo jamais prise par ce téléphone pour la reconnaître !

Y regarder à deux fois, Paris, 2011

Y regarder à deux fois, Paris, 2011

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56.    « Comment expliquer le fait que les hommes soient d’abord séduits pas ce qui sort du commun ? Le singulier, l’inattendu, l’extraordinaire. Ils rêvent de grandiose, de sublime, d’originalité. Ils admirent les super-héros, vénèrent les grands hommes, se cherchent en Dieu. Ce qu’ils nomment divertissement se réduit bien souvent à une quête d’expériences qui les délivrent de leur condition d’ordinaire, d’être humain. Blaise Pascal voit dans le divertissement une façon de se détourner de la mort mais se divertir est aussi un moyen de donner un sens à l’existence, une raison de continuer, jour après jour, à faire quelque chose de sa vie. Or si c’est cela qui est en jeu, si ce que cherche l’homme par-dessus tout c’est d’accepter sa condition d’être humain, de se réconcilier avec l’existence au quotidien, alors la meilleure voie à explorer n’est-elle pas, en lieu et place du fantasme de l’extraordinaire, la réconciliation avec l’ordinaire ? » Introduction à une semaine aux Nouveaux chemins de la connaissance consacrés à l’ordinaire (France Culture, 21 novembre 2011).
57.    S’apercevoir, après les avoir cherchées partout, que l’on a ses lunettes sur le nez.
58.    « L’amour, c’est l’infini mis à la portée des caniches. » Voyage au bout de la nuit, Louis-Ferdinand Céline
59.    Mathusalem a vécu 969 ans de quotidien.
60.    Il parait qu’à y regarder de plus près l’ordinaire est d’une inquiétante étrangeté.
61.    Survivre à des dizaines de vendredi 13 et continuer à penser qu’« ils » portent malheur est effectivement étrange et inquiétant.
62.    S’apercevoir qu’avec les années, partir à la recherche de ses lunettes sans déjà les porter les rend impossible à trouver est inquiétant.
63.    Un bon moyen de rythmer et d’embellir l’ordinaire est de changer de cravate.
64.    Les présentateurs du journal télévisé le savent bien, qui changent de cravates, tandis que les nouvelles restent les mêmes.
65.    Il y a plus de dix ans, je me suis fait opérer de la myopie, abandonnant avec joie le fardeau des lentilles de contact, qui avaient elles-mêmes remplacées les lunettes. Pourtant, des années encore j’ai rêvé que je n’y voyais plus, je portais alors angoissée mes mains à mes yeux et me rendais compte que, pas habitude, j’avais remis ces vieilles lune(tte)s qui, ma vue maintenant corrigée, m’empêchaient d’y voir clair.
66.    Si l’on comptait en lunes, plutôt qu’en années, Mathusalem n’aurait en fait vécu que 74 ans. Nettement moins extraordinaire. Des chercheurs ont-ils retrouvé des cravates qui datent de Mathusalem?

Grand chemin, Vierzon, 2010

Grand chemin, Vierzon, 2010

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67.    L’astrologie ? Si tant est que la population soit répartie de façon égale entre chaque signe du zodiaque, se voir prédire la même chose qu’à un douzième de la population, cela ne rend-il pas cette discipline suspicieuse ? L’important est d’entretenir son moral avec de bonnes prédictions et d’oublier les mauvaises.
68.    Identifier la personne que l’on aimerait rencontrer. Imaginer qu’un inconnu vous donne une mallette de billets, des grosses coupures. Que lui dire ? Faut-il dire la même chose lors d’une rencontre extraordinaire ?
69.    Se tenir dans un champ de trèfles à quatre feuilles, entre autres superstitions, est-il d’aucun bénéfice ?
70.    Lister ce qui fait de la personne espérée une personne extraordinaire à rencontrer, mise à part l’évidente impossibilité de la rencontrer. Certainement, vient en premier l’émotion créée par son œuvre ou par sa position.
71.    Qu’est-ce qu’une rencontre extraordinaire pour quelqu’un que rien, pourrait-on s’imaginer, ne surprend ? Un paranoïaque ? Une enfant ? Un espion ?
72.    Quel est la différence entre être fan et être admiratif ?
73.    Enumérer, pour les dépasser, les obstacles qui empêcheraient, en cas de rencontre extraordinaire, de sortir de son quant-à-soi, sa réserve, sa peur. Puis, en somme, préparer son elavator pitch pour la personne espérée.
74.    « J’aime beaucoup ce que vous faites. »
75.    Vivre une rencontre extraordinaire est une forme d’art, un happening.
76.    Est-il normal de ne pas rêver de rencontrer quelqu’un en particulier ?
77.    Que rate-t-on de sa vie à rater une rencontre extraordinaire ?

Se pincer pour y croire, Paris, 2011

Se pincer pour y croire, Paris, 2011

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78.    C’est un vertige. De voir la personne impossible, subitement, rien n’est normal.
79.    Évidemment, la trahison ne peut venir que de gens en qui l’on a confiance.
80.    C’est un symbole qui s’incarne, qui déjeune, qui se remaquille avant de sortir.
81.    Les apparences sont trompeuses. Il existe un poster qui promeut la défense des droits de l’homme en représentant, imprimée, sur un papier lisse et argenté pour rendre un effet miroir, une corde de pendu. À passer devant cette affiche, on se retrouve la corde au cou. Pas exactement le miroir d’Erised.
82.    Venise est une ville extraordinaire, tragique, belle, où le malheur est le coup de fouet au destin.
83.    La famille est le premier lieu de la trahison et de la déception.
84.    La personne extraordinaire l’est d’avoir dépassée des attentes et comblée des vides que l’on ne savait même pas avoir.
85.    L’amour est le deuxième lieu de la trahison et du désarroi.
86.    « Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé. » Montesquieu dit cela, l’heureux homme.
87.    Avant même de bien la saisir, la trahison ouvre le sol sous ses pieds. Violent, encore, le vertige prend. Rien n’est normal.
88.    L’écrivain est créateur. Sa création est un univers. Généreux, satisfaisant, réconfortant. Une belle histoire pour échapper à l’ennui et à la peur. J.-K. Rowling est un symbole de mère absolue, rêvée, courageuse, juste, aimante, créant et protégeant la vie.

Bouquet final, Londres, 2010

Bouquet final, Londres, 2010

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89.    « Ne vous laissez pas envahir par des problèmes. Trouvez vite des solutions. Vous vous sentirez soulagé. » Horoscope du 20 minutes
90.    Vanité n. f. Bx-arts. Nature morte évoquant les fins dernières de l’homme. Lexis
91.    « Philosopher, etc. » Platon
92.    Une rencontre extraordinaire est un rappel, en un étourdissement, du peu auquel les êtres et les choses tiennent.
93.    « Faites des projets d’avenir et vous aurez un but. Cela vous permettra de ne pas stressez ou d’être agressif. » Horoscope du 20 minutes
94.    La vie de papier d’Harry consiste uniquement à comprendre pourquoi il a survécu, pourquoi il doit mourir, et à vivre éternellement ensuite.
95.    Une rencontre extraordinaire est une consolation.
96.     « J’ai beau mourir, l’univers continue. Cela ne me console pas si je suis autre que l’univers. Mais si l’univers est à mon âme comme un autre corps, ma mort cesse d’avoir pour moi plus d’importance que celle d’un inconnu. De même mes souffrances. » Simone Weil
97.    « On compte sur vous afin que tout rentre dans l’ordre. Vous risquez d’avoir à arbitrer quelques conflits. » Horoscope du 20 minutes
98.    Les histoires extraordinaires arrivent à ceux qui savent les raconter.
99.    « Of course it is happening inside your head, Harry, but why on earth should that mean that it is not real ? » Harry Potter and the Deathly Hallows, J.-K. Rowling. Voilà le fin mot de l’histoire.

Hermance

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