Skip to content

Exposed

juin 25, 2010

Cher visiteur,

Autant s’adresser à une personne donne l’illusion d’être écoutée, autant écrire à tous laisse à craindre de n’être entendue par personne. Mais enfin, quelle serait la raison d’être, et la logique, d’un blog que son auteur n’alimenterait pas de peur de n’être pas lue? On s’expose sur le web. Aussi, j’espère éveiller votre intérêt en vous parlant d’Exposed.

Un week-end à Londres m’a permis de visiter récemment, à la Tate Modern, l’exposition Exposed, sous-titrée: Voyeurism, Surveillance & the Camera.

Have we become a society of voyeurs? […] We watch, and we are watched. […] We cannot blame the camera for what it has done to us; nethertheless, it has made certain human predilections much easier to satisfy. […] Human hunger for seeing the forbidden has not changed. The technologies to facilitate it have.

Le catalogue de l’exposition dont sont tirées ces quelques citations, enrichi encore le parcours de l’exposition en publiant davantage d’images que celles accrochées. Il y a pourtant de quoi satisfaire une curiosité qui remonte aux origines de la photographie, pour le moins (!), avec ces Unseen photographers, qui volent des images, semblant craindre un changement d’attitude des « pris » s’ils se savent pris. La photographie la plus ironique  étant alors celle d’une veille femme portant autour du cou un panneau blind (aveugle)!

Voyeurim and desire avec photographies de femmes dénudées, ou en lingerie, parfois même potentiellement en trois dimensions grâce à des prises de vues stéréoscopiques, dont on ne nous donne à voir que la double image, légèrement décalée, pour créer justement la 3D, mais sans que l’on voit, nous, la photographie en 3D. Or, à l’époque où la plupart des blockbusters sont en 3D au cinéma, ce qui est à mon avis extrêmement fatigant et souvent inutile, le musée ne nous montre pas, en volume, ce qui se cache sous les jupes relevées de 1860. Comme cela m’a paru drôle: on nous montre le support sans que l’on puisse jouir vraiment de l’objet! C’est bien un musée que nous visitons, pas un peep show et l’on nous prive, un peu, de ce qui nous attire à l’exposition… voir en se pinçant le nez , pas en se rinçant l’œil!

Heureusement, pour se rattraper, il y a la série de Kohei Yoshiyuki, The park, 1971. Photographies prises de nuit dans le parc d’une grande ville japonaise où le photographe surprend d’un coup de flash des voyeurs, comme une meute, entourant, parfois touchant, des couples pas gênés qui s’embrassent, et plus, dans les buissons! C’est beau et inquiétant, on se voit satisfait de traquer les traqueurs, tout aussi voyeurs, mais pas aussi dérangés. Le coup de flash, comme dans d’autres images le cadre d’une fenêtre ou au premier plan un objet flou faisant comprendre que le photographe est dissimulé, donnent la distance qui me parait signer la photo voyeuse.

Celebrity and the public gaze.  Cette partie, bien que contenant de belles images, m’a moins intéressée. Au fond surprendre des personnages publics, même dans des activités privées, m’indiffère. J’ai tout de même souri à la vue de la reine d’Angleterre, raide sur un gazon parfait, qui observe deux minuscules chiens eux-mêmes attentifs à ce que va faire un valet vêtu d’un manteau rouge lourdement brodé de passementerie dorée, gant blanc, bas blanc et portant perruque, avec à bout de bras le mini ballon de foot pour chiens qu’il s’apprête certainement à leur jeter au loin. Quel peut-être le titre de ce monsieur, valet de chiens royaux? Et l’humour de la légende: The Queen plays with her Corgies, (photo d’Alison Jackson), mais la reine elle-même ne joue pas. Jouer avec ses chiens est une activité qu’elle a déléguée et qu’elle… observe! En résumé, nous regardons une reine qui regarde des chiens qui regardent un ballon de foot et le monsieur absurdement engoncé qui s’apprête à le tirer: cela me rappelle quelque chose de l’actualité.

Witnessing violence est la partie que j’ai préférée. Elle montre la plus touchante des photographies, celle bien connue de Wee Gee: Their first murder, 1941. Où l’on ne voit rien du meurtre, que le visage des enfants attroupés qui observent ce qui se passe dans le dos du photographe. Et où le visiteur de l’exposition est vraiment remis à sa place: celle de prendre, d’être pris, d’être mort! D’où peut-être l’intérêt constant que je porte au polar et la série Scènes de crime à laquelle je travaille, mon goût pour le hors champs et la place que cela laisse au spectateur de créer ce qui le fera frissonner.

Surveillance, notre lot commun! Dernière partie du show… mais cet article n’en fini pas à l’image des réflexions qu’inspire cette belle exposition. Je vous quitte en espérant vous avoir donné envie de visiter Exposed et de continuer à fréquenter ce blog!

A bientôt,

Hermance Triay

Publicités
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :