L’œil fixe
Au travers du Rideau déchiré se glisse l’œil vigilant du contrôle. Ici, on regarde l’œil qui observe. L’œil scrute, l’œil sonde, l’œil va-t-il finir par traverser l’écran et croiser notre regard ? On ne voit pas ce que l’œil voit, on est vu par lui. Acéré, brillant, discipliné, l’œil traque le spectateur victime de cette surveillance comme les héros en fuite. Ils se pensent protégés par l’anonymat d’une salle de spectacle plongée dans la pénombre. Les araignées ne tombent pas des murs, les toiles se tissent qui forment des bourses de trente deniers. Mais pourquoi faut-il que l’œil du judas soit un œil de biche ? Parfaitement maquillé, comme un bijou dans la lumière, traitre, sec, seul l’œil des femmes et des mères abusives est-il plus terrifiant que celui des Big Brothers ?
Hermance
